Le bonheur

Bon, c’est bien gentil de dire qu’on se sent autant bien que mal quoi qu’on fasse, mais du coup, c’est quoi le « bonheur » !?..

Ben oui, tout le monde est d’accord, même les philosophes (pour une fois) le bonheur à la base c’est de se sentir toujours bien !.. mais maintenant comme on sait qu’on se sent autant mal que bien, ça n’existe plus tout simplement le bonheur ?

Remarque on aurait pu s’en douter puisque justement « avant » personne n’y arrivait, au ‘bonheur’. Evidement... Mais au moins on savait ce qu’on « cherchait » : à se sentir toujours bien.. ou « très » bien pourquoi pas.. ou juste « un peu » bien, de bonne humeur.. ou alors au pire normal ! ;) mais surtout pas mal en tout cas, même pas un peu !

Bon ben alors maintenant..!? qu’est qu’on doit « chercher » à faire sachant que c’est impossible de ne pas être « un peu » mal si on se sent au moins « un peu » bien à d’autre moment, que c’est impossible de ne pas se sentir « très » mal si on se sent « très » bien à d’autre moment ? qu’est ce qu’il faut faire pour essayer d’atteindre, ou juste d’approcher un nouvel état que l’on pourrait rebaptiser « bonheur » et qui ne serait plus défini par la « quantité » de « bien être » et de « mal être » puisque c’est forcément exactement égal...

Notre seule « marge de manoeuvre » se trouve dans le contrôle des raisons qui « provoquent » nos sensations... Ce qui nous fait plaisir, rire, sourire, ou ce qui nous rend triste, mal, inquiet est différent d’une personne à l’autre, dépendant énormément de nos choix de vie. En effet on peut choisir de « se mettre en situation » de vivre des joies, « chercher les plaisirs », ou les éviter simplement... Et du coup on aura un contrôle sur la peine que l’on vit aussi.

Une première solution serait de faire comme Spock, de faire en sorte de ne « rien » ressentir, ni joie, et donc ni peine... Dans ce cas il faut éviter de se mettre en situation de ressentir quoi que ce soit, ne pas trop « sortir » et surtout rester de marbre en toute occasion, mettre ses sensations en « sommeil »... On peux y arriver.. surtout si on en prend l’habitude... Ce n’est pas si facile que ça car les gens qui choisissent ce mode de vie ne se rendent pas compte par moment qu’il sont dans le « territoire de la joie », une joie légère certes, une sorte de contemplation, mais une joie quand même... Et si elle s’accumule, au bout d’un certain temps évidement, ça peut « exploser » en peine, une petite explosion peut-être, mais ça pourrait surprendre les intéressés pensant être dans un l’équilibre « parfait » :) Dans l’autre sens ils peuvent aussi confondre l’état zéro qu’il visent avec une peine très légère mais encore une fois une peine quand même, ce qui les conduira en s’accumulant lentement à une « explosion » de joie incontrôlée aussi, sous forme d’insouciance ou de bonne humeur excessive, et ça pourrait les surprendre de la même façon pensant être dans un équilibre « parfait »... Mais avec un peu d’entrainement ils finiront par bien se connaitre et à rester en « territoire neutre », même si ce ne sera pas toujours facile. Ca nous fait une vie pas très sexy mais c’est « jouable » :) Pourquoi pas, il faut de tout pour faire un monde et en l’occurrence ce sont des gens à qui je confierais volontiers la gestion des « affaires » ;)

Selon moi, cette première solution ne saurait être associé au « bonheur » car dans la notion de bonheur il y a la composante « plaisir » qui est importante tout de même et elle en est largement absente...

Une deuxieme solution à l’inverse extrême consiste à « croquer la vie à pleine dents » comme on dit, dans ce cas on cherche en permanence à se mettre en situation de s’amuser au maximum, rire, participer a toute les fêtes, s’envoyer en l’air pourquoi pas, boire de l’alcool probablement, ou pire... Mais alors il faut accepter la contre partie dans ce cas : un très grand volume de « mal être » pour compenser tout ces plaisirs, des réveils « terribles », des journées entières passées à se morfondre, perdues, pour « récupérer » comme on dit, rééquilibrer en fait... Le problème de ce style de vie c’est que ces moments de « peines » sont difficiles à supporter, le volume à rattraper est tellement important qu’il est presque impossible à « contrôler » et il est probable qu’a certain moment ça prenne des formes excessives : angoisses, anxiété extrême, colère et violence pourquoi pas... Mais c’est une vie qui tient la route même si du point de vue de la santé ce n’est probablement pas ce qui se fait de mieux évidement... On peut « vouloir » choisir ça, je le comprend parfaitement, mais avec ce style de vie ce n’est pas toujours facile de ne pas « emmerder les autres » avec ses grandes joies (tapage nocturne par exemple) et ses peines (colères, violences par exemple) ;)

Selon moi, cette deuxieme solution non plus ne peut être associé au « bonheur » car dans ce mode de vie il y a bien des plaisirs importants cette fois mais les grandes « souffrances » qui en découle ne saurait faire partie du « bonheur »...

Une troisième solution, intermédiaire, est faite de plaisirs « raisonnable », sans « excès », des joies peut-être simples parfois, mais des plaisirs tout de même, et la contrepartie dans ce cas est d’avoir des peines « supportables », c’est le maître mot de ce mode de vie : des peines « supportables » et c’est le choix qui me convient personnellement. Mais il reste tout de même deux problème dans ce mode de vie, surtout si on veux en être « sincèrement » satisfait : il faut d’abord que les joies qu’on a soit celles qu’on « recherche » et il faut aussi que les peines qu’on a soit des peines qu’on accepte... Je m’explique :

Voyons d’abord la partie simple :) : les joies qu’on recherche :

Quelles « raisons » de joies, quelles « cause » de plaisir est-ce qu’on va « préférer » ? Y a t’il simplement une « raison » de joie que l’on préfère plutôt qu’une autre ? Pour ma part oui sans aucun doute : par exemple personnellement le samedi soir je préfère rencontrer des gens et discuter plutôt que de regarder seul une excellente émission à la télévision, si exceptionnelle soit-elle... En effet, même si je profite autant des deux soirées sur le moment, une fois la soirée terminé, la « soirée télé » me laissera un petit gout amer, une impression de « solitude » qui ne me plait pas beaucoup... Je n’ai pas dit que c’était un choix « absolu », le meilleur, j’ai juste dit que je préfère la compagnie plutôt que la solitude, il y aura sans aucun doute des gens qui préféreront la solitude bien tranquille à la maison plutôt que d’aller être obligé de parler toute une soirée à des gens...

Les joies que l’on préfère, et pour aller plus loin, les joies et les plaisir que l’on recherche dépendent bien sur de notre éducation, de nos expériences et sont très différentes d’une personne à l’autre. Si nous sommes « habitué » à un moment de notre vie à prendre un cocktail sur un bateau dans les Antilles alors évidement ça ne nous fera pas autant plaisir de le faire « encore » et ce ne sera donc pas ce qu’on recherchera le plus à ce moment... Si on est habitué a prendre le métro pour aller bosser tout les jours depuis des mois alors par contre cette idée nous enchantera :)

Classiquement on rechercha une liste de plaisirs inaccessible dans l’instant présent, et dès qu’on en obtiendra un ou plusieurs (si on y arrive) on en profitera jusqu’a s’y habituer plus ou moins rapidement pour ensuite cherche autre chose.

Et maintenant le point le plus difficile ! des peines qu’on accepte :

Quelle raisons de peines est-ce que l’on veut !? AUCUNE !! ha ha :) ... Oui mais c’est impossible ! ;) bon bon :) .. alors puisqu’il faut vraiment choisir, immédiatement ce qui me vient a l’esprit c’est que j’aimerais qu’elles soient supportables ! Car en effet, ce qu’il y a de pire dans la peine c’est quand elle nous « submerge », quand elle est incontrôlable comme dans les angoisses ou l’anxiété ou la colère :(

Qu’est ce qui est « supportable » donc ? Un exemple classique consiste à faire le bien d’autrui par un effort personnel : en effet, donner de la soupe à des sans-abris par exemple n’est pas évident, il faut se rendre sur le lieu de distribution, aider à la préparation/l’installation, être confronté à la misère évidente de ces personnes, le tout sur son temps libre... Mais cette peine peut-être largement acceptée, justifiée presque, pour avoir « aider » son prochain comme on dit.

Une femme mariée m’avait dit un jour qu’aussi étonnant que cela puisse paraître, les taches ménagères « l’aidait » dans sa vie... En fait cette femme « acceptait » de vivre « tranquillement » ses peines en faisant la vaisselle, en nettoyant l’appartement, préparant à manger, etc... Et finalement ça conduisait à un résultat inattendu : elle était plus « forte », bien plus forte même, moins en déséquilibre en fait, que son mari, qui était baigné dans des plaisirs télévisuels, peu d’efforts, et en grand déséquilibre, à la limite de l’anxiété chronique... Ce dernier sombra dans une importante dépression quand elle le quitta, considérant que cet homme n’était plus source de plaisir suffisant pour elle.

Après si ces « raisons » de peines ne suffisent pas il faut rééquilibrer par soit même, « manuellement » si je puis dire :) et c’est ce que je fais personnellement de temps en temps ;)

Un exemple classique pris dans la vie de tout les jours pourrait être celui ci : quelqu’un ayant un partenaire qu’il aime vraiment, au moins un peu, pas seulement pour ne pas être seul (comme c’est fréquent..) Des enfants pour lesquels il fait les efforts nécessaires pour bien les éduquer, ce n’est pas facile, encore une fois c’est une sorte de « peine », mais du coup ils ne sont pas trop chiant et cette personne se sent bien avec eux, passe de bons moment parfois avec. Ses peines sont donc bien réelle et l’équilibre est respecté, mais il ne les subit pas « trop », elle voit ces dernières comme une sorte de « passage obligé » lui permettant de profiter par ailleurs des bons moment, donc ne s’en plaint pas, elle sait qu’il n’y a rien à faire pour les éviter et elle les accepte et ça change tout !

Alors voilà, puisqu’on doit ressentir autant de sensations des deux groupes le « bonheur » n’existe pas vraiment en fait (quel découverte tu parles) mais quand même, si on devrait définir des « objectifs à atteindre » dans la vie, ce serait simplement d’être « satisfait de sa vie » en « ayant » les joies qu’on « recherche », et des peines qu’on « accepte »

 
 
 

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4 réflexions sur “Le bonheur

  1. Ce ne serait pas possible de penser autrement que « c’est forcément exactement égal » ! Et si on envisageait autre chose ?

    Citation d’Emile Coué : « Si certains sont heureux ou malheureux, c’est qu’ils s’imaginent être heureux ou malheureux, car 2 personnes placées exactement dans les mêmes conditions peuvent se trouver l’une parfaitement heureuse, l’autre absolument malheureuse ». Je suis d’accord avec lui : la perception du bonheur et du malheur est extrêmement différente d’un individu à l’autre.

    On peut en dire autant de la richesse et de la pauvreté. Une enquête sur la perception des gens en cette matière comparée à leurs revenus et à leurs biens serait sans aucun doute édifiante.

  2. Ha si « c’est forcément exactement égal »… on peut penser autrement, ce qui est le cas de.. tout le monde ? les gens pensent généralement qu’il est possible de ressentir plus de sensations agréables que de sensations désagréables.. voir uniquement des sensations agréables (allons donc tant qu’a rêver..) ce qui correspondrait à l’ancienne définition du bonheur comme je le disais.. mais c’est une erreur. Et ce ne serait pas la première fois que « tout le monde » penserait quelque chose de faux, c’est déjà arrivé.. plein de fois… Tiens il y a 300 ans à peine « tout le monde » pensait que la terre était plate !.. Elle était pas mal celle là aussi non :) ?

    Mais je suis quand même d’accord avec Emile ;) En le reformulant comme ça (et c’est un peu déjà ce que je dis dans l’article..) :

    Tout le monde ressent autant de sensations agréables que de sensations désagréables, mais certains vont se considérer comme « heureux » car ils « acceptent » leurs « peines », et ils ont les « joies » qu’ils « recherchaient » (selon leurs valeurs, leur culture, etc..) Alors que d’autre, dans la même situation et avec « exactement » les mêmes sensations (c’est là que c’est énorme..) vont se considérer comme « malheureux » car ils ne « supporte pas » leurs peines, alors ils vont se débattre en permanence contre elles (sans aucune chance de succès d’ailleurs donc puisque « c’est un passage obligé »), et en plus, peut-être, ils sont fichu de ne pas considérer leurs « joies » comme « suffisantes » (ils auraient voulu une femme plus belle, être plus riche, .. par exemple)

    Une grande partie de notre « impression de bonheur » (en fait la satisfaction que l’on a de sa vie plutôt), se joue donc sur nos « valeurs », certainement dues en grande partie à l’éducation reçue… Par exemple si on cède à tout les caprices d’un enfant il aura probablement du mal à « accepter » de ne pas obtenir tout ce qu’il veut dans sa vie d’adulte… Donc en effet la perception du bonheur et du malheur est extrêmement différente d’un individu à l’autre, mais les sensations, ça, c’est forcément exactement égal.. pour tout le monde ;) (Et c’est bien comme ça j’ai envie de dire.. sinon il y aurait de vraie inégalité :o ha ha :) )

    • Je me demande si les notions de « joie » et « peine », reliées aux sensations ne sont pas plus justes que celles de « bonheur » et « malheur ». La notion de « bonheur » est assez récente et sa quête aussi et c’est assez occidental comme idée. Cependant, on n’y échappe pas, c’est vrai!
      Les exemples imaginaires que tu donnes (la typologie des mecs) est parlante mais tu réduis, à mon sens, l’existence au « travail » et à la « famille », sans doute parce qu’il s’agit de deux piliers de nos valeurs occidentales. J’ai lu quelque part qu’effectivement, quand les gens vont consulter des psys ou des voyants c’est pour ces deux domaines auxquels il faut rajouter l’amour et l’argent (ça ne se croise pas toujours avec les précédents, je pense même si beaucoup de gens imaginent que l’amour se trouve forcément dans le couple ou la famille et que l’argent provient toujours du travail).
      Personnellement, je pense que la quête du bonheur est une espèce de Graal qui fait perdre du temps et de la joie. Personnellement, je n’y avais jamais pensé (sérieux) jusqu’à ce que je rencontre des gens, assez tard dans ma vie, qui se disaient « heureux » alors que moi, j’avais l’impression qu’ils avaient une vie de merde (relativement). J’ai alors commencé à me demander si j’étais heureuse et j’en suis arrivée à la conclusion que « non » puisque notamment, je me rendais compte que l’amour (le truc avec du sexe et de la passion) était absent de ma vie depuis un bon bout de temps. Une mes « erreurs existentielles » a été de vouloir « trouver le bonheur » en me fondant sur un idéal. Le problème (si tu as une réponse, je prends!), c’est que maintenant, j’ai cette notion de « bonheur » dans la tête et que parfois ça me pourrit le vie! (sourire)

  3. Tiens c’est intéressant comme phrase : « des gens qui se disaient « heureux » alors que moi, j’avais l’impression qu’ils avaient une vie de merde » :) ça prouve bien que la notion de bonheur est entièrement subjective et n’a rien a voir avec les joies et les peines concrètes ressenties en réalité et que l’on peut sans problème se considérer comme étant tout a fait « heureux », avoir atteint le « bonheur » donc, tout en « souffrant » régulièrement, et surtout « visiblement », aux yeux du « monde », d’une ou plusieurs « choses », travail, famille, etc, et il serait difficile voir impossible pour ces gens nous observant de comprendre notre « béatitude » :)

    Reste vrai que le fait de se « croire » heureux ne changera pas la règle de base : on ressent autant de joie que de peine ! :)

    J’y vois quand même un avantage car le fait de se croire « heureux » nous conduira de la même manière que celui qui a les joies qu’il « recherche » et des peines qu’il « accepte » (ma conclusion) a ne pas se débattre chroniquement contre ses « conditions de vies » dans des crises pénibles a supporter personnellement et/ou pour l’entourage.. :s

    Sinon bien sur tout le monde à commis cette erreur dont tu parles de « vouloir trouver le bonheur en se fondant sur un idéal »… C’est le « mode d’emploi » que la société nous donne (j’avais envie de dire nous « impose » ;) ) Ces « idéaux », ces règles inculqués par la « société » sont très difficiles a vaincre, la pression du monde, famille, amis, médias, est terrible quand on s’en écarte, et elle est implacable si d’aventure ce style de vie un tant soi peu original « trébuche » :( Je pense qu’on doit tous travailler sur cette « influence originelle » pour essayer de la réduire et avec l’age découvrir et se rapprocher de ce que l’on veut « soi », vraiment, dans la vie.. Il y a un exemple de ça que j’aime beaucoup dans le film de Coline Serreau « La crise » avec la mère de Vincent Lindon et son nouvel amour :) A voir !! :)

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